Assaut sur le central 13 (Assault on precinct 13)

Assaut sur le central 13 (Assault on precinct 13)
Action
Durée : 110 mn
Critère d’âge : Interdit au moins de 12 ans
France/USA / 2004
Réalisation : Jean-Francois Richet
Avec : Avec Ethan Hawke, Laurence Fishburne, John Leguizamo

Un remake du chef d’oeuvre de Carpenter, mis en scène par un Français exilé à Hollywood (JF Richet à qui l’on doit “Ma 6-T va cracker”) et avec un casting capable du meilleur comme du pire (Ethan Hawke, Gabriel Byrne, Laurence Fishburne), cela avait de quoi nous faire réfléchir. C’est pourtant une bonne surprise qui nous attend lors du visionnage de cet “Assaut sur le central 13”. Le scénariste a eu l’intelligence de ne pas chercher à faire une copie conforme de son modèle mais de s’en inspirer librement pour mieux s’en détacher. Le film y gagne sur bien des points.

L’intrigue en 1er lieu, est plus étoffée. Dans l’original, un commissariat était assiégé et attaqué par des individus non identifiés, d’autant plus menaçants qu’on ne connaissait pas les raisons de leurs agissements, combien ils étaient etc… Ici, Richet prend la peine de nous les “présenter”, de nous faire comprendre leurs buts, leur impitoyable cruauté. Notre attachement pour les “bons” s’en trouve immédiatement renforcée, et permet également de libérer les protagonistes de l’enceinte du commissariat pour un final tendu puis explosif.

La psychologie des personnages en second lieu est davantage développée, ce qui à l’inverse n’a jamais été le cas chez Carpenter. Ainsi, on a droit à une galerie de portraits somme toute assez conventionnelle : de la secrétaire sexy au flic en départ en retraite, du junkie “comic relief” au grand chef mafieux etc…

On pourrait objecter que pour l’instant, rien de révolutionnaire, rien de vraiment nouveau, si ce n’est que Richet a soigné sa mise en scène, ne tape jamais dans le cliché ou la redite et joue avec les faux-semblants. Pour exemple, il n’hésite pas à monter la sauce comme pour l’idylle naissante entre la psy et le flic alcoolo hanté par sa responsabilité dans la mort de ses collègues. On pense alors tomber dans le convenu, le baiser final téléphoné… on en est loin. Idem pour le junkie qui provoque l’hilarité du public à chacune de ses apparitions à l’écran, Richet n’hésitera pas à le sacrifier pour se recentrer sur l’intrigue principale. Comme en guise d’avertissement: “quand on doit tirer, on raconte pas sa vie” aurait-on dit dans “Le bon, la brute et le truand”.

En conclusion, vu le manque d’originalité des scénarios en provenance d’Hollywood (remakes, adaptations de bandes dessinées, de biographie), ce remake franco-américain constitue un bon divertissement, et c’est déjà pas si mal.

Schpins